JO-2012. 5 août 2012, finale du 100mètres. La course des hommes les plus rapides du monde. 8 athlètes sont dans le starting block dont 3 jamaïcains. Au final, 2 jamaïcains, Usain Bolt et Yohan Blake, montent respectivement sur la première et la deuxième marche du podium.
Le légendaire Usain Bolt, né, instruit, éduqué et
formé en Athlétisme sur son île, conserve son titre d’homme le plus rapide du
monde. Il fait le tour de la piste, enveloppé dans le tricolore de son pays, sous les applaudissements nourris d’un stade
plein à craquer et voué à sa cause . Devant nos télés en Haïti, les
yeux embués de larmes d’émotion et…de regrets, nous nous posons la question :
''Pourquoi pas nous aussi'' ?
Tous les projecteurs des médias
internationaux sont braqués sur la Jamaïque, cette ïle de 11, 425 km2 qui a vu
naitre en 1945 un certain Bob Marley, une légende de la Caraïbe, désormais, au panthéon de la musique mondiale.
La Jamaïque c’est le Reggae, la Dance
hall. La Jamaïque, c’est Montego Bay et des milliers de touristes qui déferlent sur cette ile ensoleillée, malgré un taux de criminalité supérieure au nôtre. La Jamaïque s’affirme
aujourd’hui comme la référence mondiale de l'Athlétisme ! Oh, quelle est bénie
cette ile sœur…Bénédiction divine ou Politique sportive réaliste?
Que dire des larmes contagieuses de
Felix Sanchez, ce Dominicain de 34 ans, à l'époque, médaillé d’or en 400
mètres Haies ? Il s’agit de l’une des images les plus marquantes des
JO2012. Quelques minutes plus tard, son compatriote Luguelin Santos, 18 ans
seulement, décroche la médaille d'argent en finale masculine du 400 mètres.
Dois-je vous rappeler que nous partageons la même ile avec leur pays?
Au même moment, nos 5 athlètes – 4 en
athlétisme-, pour la majorité nés, instruits, éduqués et formés en athlétisme aux
Etats-Unis, ont du poids dans les jambes malgré un début assez prometteur pour
Marlena Wesh, l’une des 2 femmes dans l’équipe. Très tôt dans la compétition, 4 de nos compatriotes
avaient déjà fait leurs adieux au JO. La nation retient son souffle pour Samyr Laine (Triple Saut), qualifié pour la finale qui se joue le jeudi 9 août à
2h20pm, heure d’Haïti.
Comme s'il s'agissait d'une finale de la Coupe du Monde de Football mettant aux prises le Brésil face à l'Argentine, les deux sélections nationales de Football les plus adulées par les Haïtiens, la nation entière croise ses petits doigts. Certains s'agenouillent ou égrènent leur chapelet pour invoquer le Seigneur Tout puissant. D'autres font des incantations à nos dieux tutélaires.
Enfin de compte, Samyr n'est monté sur aucune des marches du
podium. Il est rentré bredouille au bercail.
Malheureusement, l’Etat de notre chère Haïti n'a rien appris de cette énième déculotté dans les JO. Plus d'un s'attendaient à ce qu'il se décide finalement à grappiller quelques dollars sur le budget ‘’faramineux’’ du Football pour les allouer au développement d’autres disciplines sportives dans le pays, notamment l’Athlétisme qui exige moins de debours financiers et surtout des infrastructures, de loin, moins budgétivores. Rien de cela n'a été fait depuis.
On parle, s'égosille et gaspille nos maigres ressources dans le foot mais le foot s'en fout royalement de nous. Les talents à l'état pur et les potentiels sont bien là mais où est la politique? Ou est l'argent? Le coût de construction d'un stade, digne de ce nom, avoisine plusieurs millions de dollars. Cessons de rêver.
Il est indiscutable - et nous le voyons sur nos TVs - que toutes les îles de la Caraïbe ont mis le paquet sur l'Athlétisme pour éviter d'être classé dans la catégorie des ''ridicules'' aux JO. Pas nous.
Malheureusement, l’Etat de notre chère Haïti n'a rien appris de cette énième déculotté dans les JO. Plus d'un s'attendaient à ce qu'il se décide finalement à grappiller quelques dollars sur le budget ‘’faramineux’’ du Football pour les allouer au développement d’autres disciplines sportives dans le pays, notamment l’Athlétisme qui exige moins de debours financiers et surtout des infrastructures, de loin, moins budgétivores. Rien de cela n'a été fait depuis.
On parle, s'égosille et gaspille nos maigres ressources dans le foot mais le foot s'en fout royalement de nous. Les talents à l'état pur et les potentiels sont bien là mais où est la politique? Ou est l'argent? Le coût de construction d'un stade, digne de ce nom, avoisine plusieurs millions de dollars. Cessons de rêver.
Il est indiscutable - et nous le voyons sur nos TVs - que toutes les îles de la Caraïbe ont mis le paquet sur l'Athlétisme pour éviter d'être classé dans la catégorie des ''ridicules'' aux JO. Pas nous.
Je demeure persuadé que les décideurs de
mon pays en matière de politique sportive n’ont pas le cerveau fissuré et la
vision misérabiliste pour continuer à appliquer cette politique de ‘’pito n lèd
nou la’’.
Il est grand temps de bien réévaluer nos ressources humaines et financières pour qu’au plus tard en 2024 Haiti puisse renouer avec la marche du podium dans les JO, 96 ans après l’exploit de Sylvio Cator, médaillé d'argent du saut en longueur lors des JO d’Amsterdam de 1928.
Il est grand temps de bien réévaluer nos ressources humaines et financières pour qu’au plus tard en 2024 Haiti puisse renouer avec la marche du podium dans les JO, 96 ans après l’exploit de Sylvio Cator, médaillé d'argent du saut en longueur lors des JO d’Amsterdam de 1928.
